Le communautaire à boutte : retour sur deux semaines de mobilisation à Lévis
Du 23 mars au 2 avril, le milieu communautaire lévisien s’est mobilisé dans le cadre de la campagne provinciale Le communautaire à boutte. Pendant onze jours, organismes, travailleuses, travailleurs, bénévoles, partenaires et citoyennes et citoyens ont uni leurs voix pour dénoncer l’épuisement du filet social et le sous-financement chronique du milieu communautaire.
À Lévis, cette mobilisation a pris différentes formes : actions symboliques, visibilité sur le terrain, sensibilisation sur les réseaux sociaux, prises de parole et participation à des rassemblements collectifs. Derrière chacune de ces actions se trouvait un même message : le communautaire est essentiel, mais il ne peut plus continuer à faire toujours plus avec toujours moins.
Une mobilisation portée par les réalités du terrain
Tout au long de la campagne, les organismes communautaires de Lévis ont rendu visibles les réalités vécues quotidiennement dans leurs milieux : surcharge de travail, augmentation constante des demandes d’aide, difficultés de rétention du personnel, financement insuffisant et précarité grandissante des services.
À travers les publications diffusées pendant la mobilisation, plusieurs organismes ont partagé des témoignages, des chiffres et des exemples concrets démontrant à quel point les équipes communautaires tiennent le filet social à bout de bras.
La campagne a aussi permis de rappeler les cinq revendications centrales du mouvement :
des conditions de travail décentes ;
un financement suffisant à la mission ;
une reconnaissance pleine et entière des organismes ;
la protection de l’autonomie communautaire ;
des investissements durables dans le modèle communautaire.
Des actions visibles partout à Lévis
Pendant ces deux semaines de mobilisation, Lévis s’est transformée en véritable espace de solidarité et d’expression collective.
Le Filon a ouvert ses portes durant toute la campagne afin d’accueillir un espace créatif et mobilisateur où organismes, citoyennes, citoyens et alliés ont pu se rassembler pour préparer la grande mobilisation du 2 avril. Ensemble, les participantes et participants ont créé des banderoles, fabriqué des marionnettes géantes et imaginé différents éléments artistiques destinés à faire rayonner la voix du communautaire dans l’espace public. Ces moments ont permis de transformer l’indignation en création collective, tout en renforçant les liens entre les personnes engagées dans le mouvement.
Le 27 mars, dans le cadre de la Journée régionale Communautaire à boutte, une prise de photos et de vidéos par drone a rassemblé le milieu communautaire lévisien dans une action forte et symbolique. Vue du ciel, cette mobilisation a permis de démontrer l’ampleur du mouvement et la force du réseau communautaire sur notre territoire.
Quelques jours plus tard, une distribution alimentaire d’urgence a été organisée devant le bureau du député Bernard Drainville afin de dénoncer l’augmentation des besoins de base vécus par une partie grandissante de la population et le manque de ressources accordées aux organismes qui répondent quotidiennement à ces urgences sociales. Cette action visait à illustrer concrètement ce que vivent les organismes sur le terrain : des besoins qui explosent alors que les ressources demeurent insuffisantes.
Le 1er avril, une action symbolique marquante a également eu lieu avec la remise d’un chèque de 260 millions de dollars à Bernard Drainville. Par cette mise en scène, le milieu communautaire rappelait le montant nécessaire pour répondre minimalement au sous-financement des organismes communautaires autonomes à travers le Québec.
La mobilisation s’est aussi invitée dans les espaces décisionnels municipaux. Le 30 mars, Érick a pris la parole lors du conseil de ville de Lévis afin de faire entendre les revendications du mouvement et rappeler l’importance du communautaire dans le développement social du territoire. Cette intervention a permis de porter la voix des organismes directement auprès des élues et élus municipaux et de rappeler les impacts bien réels du sous-financement sur la population lévisienne.
À travers chacune de ces actions, le milieu communautaire a démontré sa capacité à mobiliser, sensibiliser et créer des espaces de dialogue autour des enjeux sociaux qui traversent notre communauté.
Une présence forte lors de la mobilisation nationale
Le point culminant de cette mobilisation a été la grande manifestation nationale du 2 avril à Québec, où des milliers de personnes provenant de partout au Québec se sont réunies devant l’Assemblée nationale afin de porter un message commun : le communautaire refuse de se taire.
Le milieu communautaire lévisien était présent pour faire entendre sa voix et rappeler que les enjeux vécus localement s’inscrivent dans une réalité nationale.
Cette journée a démontré toute la force du mouvement communautaire : une capacité à se mobiliser collectivement, à défendre la dignité humaine et à revendiquer des conditions permettant d’assurer la pérennité des services essentiels offerts à la population.
Un mouvement qui dépasse la mobilisation
La campagne Le communautaire à boutte aura permis de mettre en lumière une réalité souvent méconnue : le communautaire agit chaque jour comme un pilier du développement social, de la solidarité et de la prévention des crises.
À Lévis, les organismes communautaires soutiennent des milliers de personnes vivant différentes réalités : isolement, pauvreté, enjeux de santé mentale, insécurité alimentaire, proche aidance, itinérance, violence, immigration, jeunesse, famille et bien plus encore.
Lorsque le communautaire s’essouffle, c’est toute la communauté qui est fragilisée.
Cette mobilisation aura aussi rappelé quelque chose de fondamental : malgré les défis, le milieu communautaire continue d’être un moteur de solidarité, d’innovation sociale et de transformation collective.
À la CDC de Lévis, nous demeurerons mobilisés aux côtés des organismes communautaires afin de faire reconnaître leur apport essentiel au développement de notre communauté.